#Feb20, Constitutional Reform, Corruption, Democracy, Moroccans For Change, Morocco, Socioeconomic

Une Exception Marocaine? – By Ghali Bensouda

In this article written in French, Ghali Bensouda explains how the political and economic environment in Morocco ought to be reformed if we were to experience sustainable development. He cites South Korea and Singapore as examples that may provide the Moroccan government with good lessons on  how to achieve successful change through better governance and democratic reform.

Une Exception Marocaine?

L’Exception marocaine est bel est bien réelle. Elle existe. Elle concerne avant tout, tous les vendeurs ambulants de fruits et légumes qui ont désormais droit de passage sur nos goudrons depuis que leur homologue tunisien s’est sacrifié pour eux.
Cette dérogation de fait qui leur a été accordée sur la base d’un précédent ayant secoué le monde arabe a transformé nos villes marocaines en marchés de primeurs géant et dénote de la même habitude de racheter systématiquement la paix sociale par des réponses immédiates et sans réelles conséquences sur le fond des problèmes.
Bien que l’actuel sort chanceux de nos marchands ambulants ne fait qu’accentuer l’économie de l’informel, cette réponse ne s’inscrit pas dans une logique ni stratégie de développement.
Cet exemple pourrait laisser supposer qu’il y a urgence; celui de changer le système politique et d’assainir le paysage économique, lesquels, l’un se nourrissant de l’autre, ne font que favoriser un climat de clivage grandissant et encourager la suprématie économique de certains qui pourraient confondre dividendes et rentes de situation.
Il me semble nécessaire de permettre à une nouvelle élite politique d’émerger et de mettre en place un vrai modèle de développement capable à la fois d’apporter des réponses concrètes et d’intégrer des données pour l’avenir. Pour cela, un préalable est nécessaire, celui d’assainir les pratiques archaïques du Makhzen en tant que mode de gouvernance qui encourage la prévarication, le clientélisme et le népotisme.
La Corée du Sud, récent partenaire du Maroc en matière de nouvelles technologies, pourrait nous apporter quelques bons exemples de changement de mode de gouvernance et son influence direct sur l’économie. L’exemple de Singapour est aussi à citer. Cet Etat, pourtant peu enclin à la démocratie, a décidé d’y accéder en protégeant son économie et en investissant dans des programmes de développements favorisant l’ensemble des secteurs.
Il est donc impératif de se rendre compte rapidement de certaines erreurs pour ne pas rater un énième rendez-vous avec l’histoire pour que notre “fierté marocaine” ne soit pas le fruit d’une imagination patriotique mais qu’elle soit fondée sur des prises de décisions désormais nécessaires et ambitieuses.

Ghali Bensouda is a Moroccan student at Prepa HEC in France.

Discussion

10 Responses to “Une Exception Marocaine? – By Ghali Bensouda”

  1. Léger comme analyse et la proposition de mimétisme n’est point une bonne solution. S’il faut assainir l’économie marocaine, il faudait tout d’abord commencer par que le premier homme d’affaires marocain ne soit pas aussi le garant de la justice qui se rend en son nom. Il faudrait protéger les éventuels investissements étrangers ou locaux de la prédation des hommes du premier cercle au pouvoir à commencer par Majibi. Le patronat marocain doit aussi reprendre son “independance” et ne pas etre à la botte et à la merci de qui on sait.

    Le macadam marocain regorge, depuis une belle lurette, de mendiants, d’enfants de rue et des marchands ambulants : une couche de la population marocaine vivant en dessous du seuil de la pauvreté.

    Quant à l’informel, c’est une autre paire de manches et il faut se demander à qui profite tout ce pan de l’économie marocaine, aussi informel soit-il en ne pas oubliant que tous les marocains ne peuvent bénéficier d’un pouvoir d’achat les autorisant à faire leurs emplettes dans certaines enseignes ayant pignon sur rue et dans ce cas l’informel remplit sa “fonction officieuse” de sauveur…

    Renouveller les élites politiques et changer le système politique : des propositions qui demandent à etre explicitées et étayées si possible.

    Posted by dima | May 20, 2011, 4:31 am
    • @dima J’ai voulu dire une chose très simple: Le Maroc privilégie des réponses sur le court terme pour acheter la paix sociale au lieu de mettre en place des projets fédérateurs et ambitieux qui montre qu’il y un vrai projet de société et un vrai programme de développement. Je n’ai pas voulu donner de nom mais en parlant du démantèlement du Makhzen en tant que mode de gouvernance je vous rejoins pleinement. Je tiens jute à dire que je ne suis pas un expert ou un spécialiste en économie ce qui justifierai la “légèreté de mon analyse”. Pour ce qui est du mimétisme, j’ai voulu dire qu’il faut s’inspirer des pays qui ont réussi à dépasser les obstacles au développement. Je pense pour ma part qu’il y a d’autres exemples intéressants comme le Chilie qui est un modèle de développement. Pour ma part, j’espère que le Maroc deviendra un modèle en essayant de trouver sa propre stratégie qui émanera à la fois des stratégie extérieurs mais qui tiendra compte aussi des spécificité marocaines.
      Je vous remercie pour votre commentaire
      Amicalement
      Ghali Bensouda @ghalito91

      Posted by Ghali Bensouda | May 20, 2011, 6:42 am
  2. J’ai oublié de parler des élites, je m’en excuse
    Je pense que les élites marocaines ne jouent pas leur rôle. J’ai la conviction que ce n’est pas le peuple marocain qui est sous-développé mais les élites marocaines qui le sont. Je m’explique, une partie de l’élite marocaine ( politique-économique-universitaire) ne joue pas son rôle qui devrait être celui de la clarté intellectuelle, de l’ambition au niveau de la prise de parole et enfin du courage face à un mode de gouvernance du pays qui est défaillant. Je pense qu’il convient donc de renouveler cette élite en favorisant l’accession à une élite plus jeune, plus ambitieuse et courageuse. Je sais que je suis un peu théorique néanmoins c’est une obligation pour aspirer à un Maroc meilleur et plus efficace. En ce qui concerne le système politique et plus particulièrement son mode de fonctionnement, je pense qu’il est impératif de le repenser. En effet, ce système politique se fonde d’abord sur la mise en place d’une stratégie clientéliste qui permet de gagner des élections. De plus, il faut aussi changer le code électoral qui apparaît plus comme un code électoral anti-pjd et est une entrave à l’existence d’un véritable jeu démocratique et qui conduit à la formation d’une coalition hétéroclite qui ne peut proposer au peuple un véritable projet de société en raison de la coexistence de nombreux partis qui n’ont pas la même vision des choses
    Amicalement
    Ghali Bensouda @ghalito91

    Posted by Ghali Bensouda | May 20, 2011, 7:03 am
    • On fait quoi du cabinet royal ? moi je souhaite sa dissolution ou du moins son remaniement parce que si on ne parle pas du vrai centre du pouvoir que constituent le roi et ses conseillers on ne fait que tourner autour du pot…

      Merci pour la réponse et les éclaircissements pertinents.

      Posted by dima | May 20, 2011, 7:13 am
  3. Je pense sincèrement que le cabinet royal, le Roi et tous les marocains d’une manière générale ont l’obligation morale et juridique de se soumettre à la constitution. Sinon, on continuera à vivre dans un Etat de travers. C’est pour ça que je pense que la future constitution qui sera une constitution Royale constitue un enjeu clés pour le Maroc de demain. Elle nous permettra à la fois de voir ce que le Roi propose comme vision du Maroc et elle nous montrera jusqu’où il est prêt à pousser ce processus de démocratisation. Je pense aussi que la réussite de ce processus passera par un changement radical de la manière d’agir et bien entendu les conseillers du roi doivent rester dans l’ombre et ne pas avoir d’activités dans le domaine des affaires et dans le domaine politique. C’est une évidence et c’est même du bon sens …
    Amicalement
    Ghali Bensouda @ghalito91

    Posted by Ghali Bensouda | May 20, 2011, 11:08 am
  4. Pas du tout, je signifie qu’il faut s’inspirer des réformes économiques qui ont été mises en place et l’intégration à la mondialisation que la CS a connu. Je pense que c’est un exemple intéressent d’intégration graduelle dans la division internationale du travail mais aussi au niveau du développement humain car la Corée Du Sud est aujourd’hui une des références au niveau de l’éducation ( voir le rapport Pisa publié par l’OCDE ) . Mais, je ne dis pas qu’il faut faire du copier/coller il faut s’inspirer tout en tenant compte des réalités locales
    Amicalement
    Ghali Bensouda

    Posted by Ghali Bensouda | May 20, 2011, 2:10 pm
  5. *intéressant et non intéressent. Je vous prie de m’excuser

    Posted by Ghali Bensouda | May 20, 2011, 2:11 pm
  6. Tant que le Roi s’accroche à Fouad Ali El Himma et Mohamed Mounir Majidi il n’y aura aucune issue possible.
    Non seulement il faut s’en débarrasser mais aussi s’assurer qu’aucun autre ne les remplacera.
    Aujourd’hui, il suffit de fournir Bimo en feuilles A4 pour bosser pour Majidi…

    Posted by Les Pléiades | May 22, 2011, 5:57 am
  7. D’accord sur l’idée de base, les réactions de l’Etat sont imprévisibles, parfois la chose et son contraire…
    Il n’y a pas de continuité car il n’y a pas de contrôle. Personne ne peut contredire le Roi s’il donne l’ordre de desserrer l’étau sur les marchands ambulants ou d’accorder une enveloppe à une classe sociale en grève. Ce sont des mesures exceptionnelles qui émanent d’une personne exceptionnelle. Mais on ne se rend pas compte qu’elles torpillent la continuité de certaines politiques de réformes. Exactement comme dans l’éducation d’un enfant (merci de ne pas y voir un quelconque amoindrissement). On ne peut pas lui montrer le chemin à prendre et venir le lendemain lui dire qu’il peut faire ce qu’il veut. Ca manque de cohérence. il sera déstabilisé et ne comprendra pas notre attitude. Donc, pour lui tout peut être acquis. Toujours au nom de l’exceptionnel.
    Ces pouvoirs exceptionnels peuvent sauver certaines situations où leurs managers ont failli, mais elles peuvent casser une fois pour toutes la continuité de nos politiques.

    Posted by nadia | May 23, 2011, 2:54 pm

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